170124 L’anti-chemin ?

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Conflans Neuville Maurecourt Andrésy

Cartes IGN n°2214 ET et 2313 OT.

En septembre dernier, je ne me souviens plus de la date, mais c’était un soir. Je me disait depuis plusieurs jours qu’il fallait que je sorte de ma torpeur dans laquel j’avais été plongé tout l’été. Je n’avais même plus le désir de partir quelque part. En plus des quantités impressionnantes de canettes de 8,6 je sifflais quantité de films en streaming et quelques polars, j’avais en fait épuisé mon stock de livre attirant, terminé la lecture des « Portes de la perception » de Huxley, et il n’y avais plus aucun streaming juste regardable de dispo. Je venais de dire à Sigrid au téléphone que je devrais appelé Jens, ce que j’ai fais, et je me suis retrouvé embarqué dans une sale histoire !?

Rdv « Au Père tranquille » 30 minutes après aux Halles avec une douzaine de personnes. Moi aux Halles, et en « société », pfff… même si c’est le centre de la banlieue, j’avais vu personne de l’été ! Et puis assez vite l’idée de contribuer à ce projet de chemin du très grand Paris, façon GR2013, m’a fait redémarrer les machines… Le projet venait des bonnes personnes, justement pas des parisiens, ni des grands parisiens, c’est bien. En fait c’est ce que j’attendais depuis plusieurs années, je me suis plongé là dedans, et voilà que ça prend tournure, les repérages s’enchaînent à une cadence soutenue, le calendrier se définit comme une course folle, et je suis sur le bord de ce machin, ce qui me va parfaitement bien !

Aujourd’hui, je pars seul, plus ou moins pour préparer les deux premiers jours de marche officiels du 24 et 25 février, la « Caravane 01″, après les 2 journées préliminaires mémorables des 12 et 13 novembre, mon Clamart – Nanterre, et le Ris – Evry de Jens. Là, Il s’agit d’éprouver voir affiner les hypothèses de Paul et Jens entre Poissy et Conflans pour samedi 25 février. Mais tout de même, je suis pas inspecteur de pipeline, il faut que le désir d’aller voir quelque part, se présente… Du coup, je me questionne sur l’ensemble du tracé hypothétique entre Poissy et Cergy, sur le fameux trilobe de Paul. Passer par Chanteloup parait une évidence pour qui connait un peu le très grand Paris et il n’y a que trois ponts sur l’Oise, c’est la première contrainte. C’est pour cela que je mets le cap sur Neuville-sur-Oise, où j’ai des souvenirs vieux de quelques années déjà, pas d’images et pas de kml, mais je me remémore le coteau sur la Seine, le village rue complètement mort et sur le plateau bien plus loin, les extensions de l’Université de Cergy qui se développent à la façons des zones d’activités autour de la gare RER en plein milieu des champs, la métropole dans toute sa splendeur morbide.

Si on réfléchi à la contraintes des ponts, alors on peut imaginer monter sur l’Hautil depuis la gare de Chanteloup, puis redescendre une fois de l’autre coté jusqu’au quai de l’Oise à Andrésy, de façon à longer ce qui reste encore de péniches en activités, traverser, puis remonter la rive gauche, même si cela fait une grande ligne droite, dans une zone portuaire sans beaucoup d’événements, c’est toujours mieux que l’ennui testé l’autre jours entre Andrésy et Cergy, qui ne permet pas du tout de comprendre quoi que ce soit.

Aujourd’hui en sortant de la gare du RER de Conflans fin d’Oise, rive gauche, je descends l’escalier du parking à étage qui ressemble tout à fait à un escalier de secours d’un parking à étage des années 80 mais pas du tout à la sortie d’une gare du RER A. Les portes blindées à badges sont d’ailleurs bloquées en position ouvertes, comme ci cela n’avait pas été prévu. Après le viaduc de la ligne L du Transilien, on est directement sur la zone portuaire, un vague trottoir en herbe ne correspond à aucun cheminement piéton réellement prévu.

Je me rends compte que c’est cela que je suis venu chercher, un chemin emprunté par aucun randonneur, ni aucun urbaniste, pour m’assurer que personne ne me suive par là, aucun marketeur urbain, aucun spécialiste du tourisme culturel, ni surtout aucun pèlerin. Et ce n’est pas sûre que la bande me suivra ici !? À ma grande stupéfaction je tombe né à né avec un panneau de l’avenue verte cyclable Paris Londres, c’est là que je commence à enregistrer des images.

La route après le panneau me fait penser au titre célèbre de Heidegger, « Chemins qui ne mènent nul part ».

« Dans la forêt, il y a des chemins qui, le plus souvent encombrés de broussailles, s’arrêtent soudain dans le non frayé. On les appelle des Holzwege ». Après quelques minutes de marche, cela s’avère une réalité effective, le chemin entre la Seine et la station d’épuration s’est effondré, des grilles en triple épaisseur sont attachés ensemble au serflex, pour être certain qu’aucun gamins décérébré dans mon genre ne tombe dans les eaux pures que recrache le léviathan.

Je reviens en arrière, puis je quitte le chemin ou continue la vélo route, pour remonter le coteau dans la forêt. Plus haut le long du RER je découvre un mini terrain de cross en sous bois juste à l’endroit ou le kilométrage depuis les Halles (28,50) laissent place au kilométrage de la section de Cergy. Des rouleau de barbelés anti-tageurs dignes de Fort Knox, semblent menacés par quelques rejets de jeunes sujets Quercus. L’endroit précis ou commence la liaison entre les voies du RER A et la ligne de Paris Saint Lazare Poissy. Un jour peut-être un tunnel sera creusé entre Poissy et Cergy Saint-Christophe.

Souvenir de ma traversé entre Poissy et Cergy, potager idéal de Marie Pôle (une parisienne indécrottable) et jungle humide accidentée sous la quatre voie en viaduc du boulevard de la Viosne. Remontée directe sur la dalle de Marcouville visiblement plus directement rattachée au sous continent indien qu’à la métropole du grand pas Paris.

Dans le sous bois, Je cherche à rejoindre le petit sentier pointillé qui figure sur mes cartes IGN, il y a un petit talus, puis je suis en lisière d’une sorte de grand pré parfaitement plat, inculte et caillouteux, je décide d’aller m’asseoir vers le milieu pour attaquer ma gamelle de Harengs pommes à l’huile. Un oiseau s’envole de la cimes des arbres qui bordent le plateau, je sors mes petites jumelles d’observation.

Est-ce que le chemin du très grand Paris va passer ici, si il y a une question politique c’est bien celle-ci. Comme toujours avec l’aide d’une carte, c’est assez instantané, ce lieu vide, absent, exclu, apparait, me saute au yeux, il suffit d’aller le cueillir, c’est un terrain vague, blanc, ce vide à l’origine de la ville loin des églises ou autres lieux de pouvoir, et à l’origine aussi de « banlieuedeparis ». Est-ce que le chemin du très grand Paris, va vraiment aller ailleurs que là où on veut toujours nous faire aller ? Personnellement, je n’irais jamais là où on veux me faire aller, je revendique d’être ingérable. À moins que l’on me récupère, début de la fin, déchéance ultime ? À moins que je ne participe de l’érosion des espaces blancs, au profit de la grosse machine touristique mise en place par la Matrice ?

Et pourquoi la vélo route Londres – Paris, passe ici, juste en bas, ainsi que cette branche du Rer A, pour rejoindre cette extrémité de l’Axe après des virages qui ressemblent à un bol de ces pâtes japonaises nommées « Udon » comme le nom de mission a consonance mythologique des Rer « UDON » pour Cergy. Après recherches Udon, semble être un Roi vers 1025, de provinces baltiques, descendant des vandales.

Je mitraille des images de la nuit depuis l’intérieur du RER qui me ramène chez moi, coté sud. Le grand portique à container, encore solitaire du port de Gennevilliers, aux bras déployés au dessus du fleuve, la nuit tombante, avec les reflets de l’intérieur de la rame sur la vitre sécurite me fait penser à « Alice dans les villes », ou bien à « une journée dans la baie de personnes » que je suis en train de lire consciencieusement, même si nous ne passeront probablement pas par le val de Crüye, tout du moins pas avant la phase 3 du chemin vers 2024.. Ira-t-on à Chaville avec Jens, tocquer à la porte de Peter Handke ? Est-ce que je vais finir par écrire un bouquin, le premier d’une longue série ? Je suis toujours assez lent au démarrage.. L’ailleurs c’est l’intérieur, et l’intérieur il n’y a pas besoin d’être mystique, ni croyant en je ne sais quelle superstition ou bondieuserie, ni faire usage de LSD ou de canettes de 8,6 pour aller le cueillir, là où il est ! Souvenirs de Treilles, .. est-ce que tout ça n’est pas encore un peu trop essentialiste ?

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160825 banlieue de la crise de nerf

En manque d’amour
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Voyage interstellaire immobile, Paris 13, Fleury-les-Aubrais, Le Bec d’Allier, Hollywood

Juillet aout 2016, deux mois de promenades difficiles

La banlieue globale, l’ensemble de la glace, toutes les iso-strates interconnectés par Muethdiver et Neuromancien se définissent comme une seule ville diffuse de zones proliférantes surdifférenciées mais caractérisées par le manque d’amour. La banlieue, ville en devenir est une ville en manque d’amour qui oscille encore entre prostitution et cancer. Cette oscillation est le scandale politique d’une masse devenue hors contrôle. La banlieue est une ville en manque d’amour, mais la ville est devenue une prostituée, une no-go zone marchandisée, but ultime de nos pseudos élites corrompues adorateurs des biosphères artificielles climatisées, ce n’est pas un rébus, ni un syllogisme mais la description la plus exacte possible de l’étendue traversée au fil des ans ici. Il est tant de prendre un peu de hauteur, ou bien plutôt de revenir à une assiduité un peu plus soutenue des billets ?

Pour en revenir au manque d’amour. Alors si j’aime la banlieue c’est que j’aime le manque ? Cela devrait m’aider à lutter contre mes addictions ? La banlieue peut-elle être « en désir de », à défaut de devenir désirable. Elle est le dernier bastion qui résiste à nous transformer en clients, comme le font tout nos processus pseudos culturels. Être « en désir de », est-ce déjà être amoureux ? Être « en désir » de quoi ou de qui ? La banlieue manque de féminité, trop d’aspérités, de barbelés, tessons de bouteilles. Pourtant le terrain vague ?

Zones Blanches, j’ai numéroté par ordre d’apparition tous les lieux du petit bouquin de Philippe Vasset. J’arrive à 97. Lorsqu’il est sorti je n’ai pas pris ce petit bouquin au sérieux surtout à cause de sa zone de prospection limitée à la petite couronne parisienne, où justement les zones blanches sont en voie de disparition. Il en parle page 124. Les terrains vagues aussi disparaissent mais pas la violence. Terrorisme ordinaire de quelques caïds protégés comme éléments de la biodiversité. Chiba a besoin de Ninsei, nos États on besoin du conflit Syrien et nos élues de banlieues, des gros cons en motos trials ? Terrorisme ordinaire.

Même la banlieue se met à puer l’utilitarisme et le proxénétisme de tout le système. Telle « La Vallée heureuse » des collines de Hollywood, si bien décrite par Raymond Chandler dans « La grande fenêtre ». Ma propre haine monte en même temps que mon manque d’amour. Non pas que j’ai épuisé toute l’étendue, mais il me manque ces dernières semaines cette stimulation pour partir me promener ailleurs, partir chercher ce morceau précieux de marge qui habituellement me sauve, …

Il me faut maintenant souvent une ou plusieurs autres personnes avec qui partir dans cette recherche au départ solitaire. Ç’est peut-être bien, c’est peut-être une bonne nouvelle ? Le processus de guérison face à un véritable processus régressif, face à un repli trop complet dans l’imaginaire et les fugues de mon enfance ? Chandler toujours, même Opus, p. 223, coll. « Carré noir », 1982, le Docteur Carl, le psy à qui fait appel Marlowe, un grand juif costaud avec des petites moustaches comme Hitler, dit de Merle : « La gamine est, de toute évidence névrosée. Et c’est en partie fondé et en partie volontaire. Je veux dire que dans une certaine mesure, elle s’y complaît. Peut-être même sans s’en rendre compte. De toute façon ce n’est pas ce qui compte pour l’instant. »

Car il y a aussi la crise d’angoisse, crises de panique, de doutes, crise de nerfs, les prostrations, la maladie, la famille, les factures impayées, l’endettement, les dossiers à rendre, les gens qui voudrais vous faire faire quelque chose à leur gout mais pas au votre, les psychiatres douteux, l’alcool, la difficulté de savoir par quoi commencer qui vous empêche de commencer tout cours, ou bien le travail devenu vide de sens qui empèche de mener celui qui en a encore, les journées vidées de désirs. Toute cela participe-t-il d’une stratégie d’anéantissement cohérente des individus par la machinerie interstellaire ?

Étant donné que nous sommes de plus en plus nombreux à subir ces genres d’aliénations, particulièrement en banlieue globale, cela se met à exploser d’un peut partout, à la ceinture d’explosif si il le faut ! En tout cas, plein de gens refusent d’aller travailler chez Mac Do pour un demi Smic en horaires aléatoires, et moi tout pareil, c’est un engagement et une souffrance.

Mais Je n’ai parlé ici, ni de cette passerelle de tramway qui double le Pont de Joie (c’est son nom), au dessus des voies ferrées en limite d’Orléans et de Fleury-Les-Aubrais (Loiret – 45), tout près de la gare Sncf, et d’où l’on vois un gros paquet des châteaux d’eau du nord de l’agglomération orléanaise. À partir de ce point précis, j’ai tout un projet d’exploration à proposer à cette fameuse « Agglo » ou j’ai grandi (en marge et en fuite). Ni parlé de cette sorte de « terrain vague » constitué d’une étendue herbeuse pleine de trous et de bosses où se cacher. Des trous et des bosses recréées ou déplacées de temps à autres lors du débordement des eaux mélés de la Loire et de l’Allier. Étendue qui est heureusement protégée des iso-strates centripète par la levé Bec d’Allier, élément logiciel connu dans la Conurb, sous le nom de « G.L.A.C.E., Générateur de logiciel anti-intrusions par contremesures électroniques ». J’ai dormis là, vers le milieu, à la belle étoile, sous une sorte de gros peuplier isolé, par une nuit de lune. Elle s’est couchée assez vite laissant place à un ciel sans nuage presque favorable à l’observation du cosmos.

Faut-il que je remonte d’autres fleuves, toutes sortes d’autres fleuves, noirs, invisibles, immatériels, … Notamment pour retrouver un peu de joie à la promenade inquiète. Et chercher à inquiéter le petit monde de la promenade, qui lui aussi peut se mettre à ronronner comme les ventilos des machines du grand bazar. Voilà que je me prends pour Pessoa, ça craint d’autant plus, que je ne suis pas employé de banque, mais plutôt chômeur longue durée, enfin comme tout vrai promeneur contemporain, peut-être ?

150408 Fragment du grand sud parisien

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Ballancourt-sur-Essonne, Vert-le-Petit, Écharcon, Mennecy

Entre deux rendez-vous à l’hosto et ma première séance de chimio, nécessité de partir marcher,… Je suis bien décidé à reprendre l’écriture et les promenades, c’est-à-dire à ne pas me laisser manger par le monde de la kulture, inculture et vidage des cerveaux en mode spectaculaire, dont la bétise crasse est je pense en partie responsable de mon état… Nécessité vitale de travailler à ma cathédrale intérieure comme disait Bison Ravi. Cela dit, on pourrait aussi considérer la ville comme un cancer, notamment ce fragment de métropole ou ont sévis Valls et Dassault, les environs d’Evry-Corbeil, ville nouvelle cassée et vieillissante ainsi que suburbia néo-faf où se cachent usines de missilles et anciens centres de production de plutonium militaire dans le cadre pseudo bucolique de la vallée de l’Essonne, une version dégradée des bois de Vincennes où on pourrait circuler en voiture dans les allées habituellement réservées au piétons, ambiance base de loisir pour néo-chomeurs adeptes de la pêche à la ligne adossé à la bagnole.

Dès le départ de la balade, je me suis dit que venir me promener ici était un mauvais choix, une erreur, voir un mauvais signe quant à la reprise de mes explorations à grandes mailles, celles que je pratique sans les contraintes du monde débilitant de la culture. Que voulez vous, j’aime bien Pérec, mais je ne serais jamais un Oulipien, jamais un homme de système, ni d’appareil. Et puis, cela fait une paille que je n’était pas partie comme ça au désir quelque part dans le très grand Paris, … Cela date peut être de la publication de mon dernier billet ici ? J’exagère sans doute. Depuis j’ai fais des dizaines de promenades, repérages, balades et ballades, etc. mais pas dans cette liberté que j’ai pris ce mercredi en me déconnectant d’une liste de tâches de toute façon irréalisable. Comme j’expliquais à S. Il faut aussi que je ne sache pas à quelle heure je rentrerais. Je sais d’expérience que les bords de l’Essonne aux environs de Corbeil ont toutes les chances d’être glauques à souhait, alors pourquoi choisir une zone aussi sordide dans ces conditions ?

Arrivée à Ballancourt, deux types avec des looks de vrais malfrats descendent devant moi de la rame du BUPE direction Malesherbes, ils parlent de rallumer leurs portables et brancher le Gps, pour se rendre vite en haut, sur le quai l’un se retourne pour visiblement calculer si je ne les suis pas. Je prends un air détaché. Quelques dizaines de mètres plus loin je rentre hésitant en poussant une porte vitrée sous l’enseigne du Café de la Gare. La table de ce midi n’est pas débarrassée, et malgré un comptoir en petits carreaux années 30, la salle fait plutôt penser à un séjour. Un jeune candidat au djihad en djellaba grise part chercher le patron qui fait des travaux dans l’ancienne salle de restaurant attenante transformé en chambre à coucher. L’ambiance Far West commence à me plaire. Le patron avenant et basané fait genre ancien de la légion ou bien agent de la sécurité égyptienne, mais c’est plus probablement un néo-chomeur de la Snecma toute proche reconverti dans le bistrot. Le bibelot avec quatre têtes de serpents à sonnettes dressées qui entourent un buste de pharaon, installé au dessus du moulin à café, complète ce sommaire portrait fantasmé. Sur la porte en verre, une affiche pour l’exposition d’un ringardissime très médiocre peintre du secteur signale l’ancrage local de la maison. Accroché au faux plafond en BA 13 inachevé, est parfaitement fixé, du matériel d’éclairage dernier cris pour organiser les soirées torrides du coin pendant les travaux, c’est bien.

Malgré cet épisode réconfortant au café, et cette ambiance qui continue grâce à d’autres visages patibulaires, j’ai le sentiment d’avoir mal choisi mon point de chute dès les premières centaines de mètres. Trop de retraités en tenu de randonneurs, et puis lorsque Thierry m’appelle pour m’inviter à une virée rue des Morillons, je lui explique que ici aussi se dégage une atmosphère à la Maigret de canard. Sur le coté gauche de l’avenue de la Gare un petit panneau avec tricolore interdit de prendre en photo le magnifique étang derrière le grillage, mais je n’apprends que maintenant qu’il s’agit de l’ancienne usine du Bouchet, première usine française de raffinage d’uranium, officiellement exploitée de 1946 à 1971, mais nouvellement floutée sur Google. Elle se distingue aussi comme site de production de plutonium à partir du combustible usé de la pile atomique Zoé dès 1949 explique Wikipédia. Si j’avais su cela j’aurais peut-être changé mon itinéraire pour essayer de photographier un transport suspect d’Areva,… À l’inverse, après un fausse route jusqu’au bout d’une digue qui sépare l’étang fleurie du court principal de l’Essonne, je suis le tracé du GR11c. J’ai le sentiment désagréable de devenir un jeune retraité randonneur adepte de cette pseudo nature de la grande couronne.

À ma décharge, je précise que depuis la gare RER de Ballancourt, je n’ai pas de carte détaillée, ce qui, dixit Guy Debord and Co., est indispensable pour se perdre. Sur le petit parking mes discussions au téléphone, m’ont fait oublier l’intention de suivre ce balisage, tracé qui tout particulièrement dans un marais, offre la garantie de pouvoir traverser sans trop de détours. Car j’ai bien l’intention d’arriver à la gare de Mennecy avant la nuit, et ma carte « Michelin n°106″ au 1/100 000 ne permet pas d’identifier chacun des nombreux étangs qui entourent le cours principale de l’Essonne, tandis que l’IGN « 2415 OT Évry Melun » ne commence qu’un peu plus loin, juste avant Écharcon.

La séquence base de loisir goudronnée ne débute vraiment qu’au bout de la digue qui sépare l’étang à Chat et l’étang Fleurie. Je passe la rue du Moutier qui remonte sur le centre de Vert-le-Petit, et laisse à ma droite les ruines du bloc sanitaire d’un ancien terrain de camping sur la berge ouest du marais communal, toujours sur le goudron. Au dessus de cet étang au nord, je tourne à gauche dans la ruelle des Soeurs après être passé au dessus de deux petits canaux dont le premier avait un bon débit. Je remonte le coteau et tourne à droite dans l’impasse de la Fontaine Laveau, toujours en suivant le balisage.

Après plusieurs pavillons sympathiques et bien situés, déjà sorti de cette ambiance glauque, le goudron s’arrête, et le chemin est bordé coté marais par de la grille cadie verte en parfait état. Derrière les grilles, la vraie nature commence, vive la grille cadie,… Plus loin au débouché d’un petit sentier qui descends du plateau une petite borne en bon état signale le sentier de grande randonnée, des directions et distances. Il y a aussi un petit panneau qui dit « Espace naturel sensible Départemental du Marais de Misery ». Je continue tout droit, sur ce chemin des Prés (d’après OpenStreetMap). Mais je reste impatient de pouvoir lire ma progression sur ma carte IGN, je me promets d’acheter rapidement la carte « 2316 ET ».

Je traverse enfin Echarcon, jolie village avec un château peut-être Premier Empire à mi-distance entre la villa Palladienne et La Maison-Blanche, je redescends au plus court en direction de la gare de Mennecy. De chaque cotée de la R.D. 153, très roulante en cette fin de journée, les espaces inaccessibles de l’espace naturel sensible Départemental me rassurent un peu sur le genre humain, le département de l’Essonne à vu grand. Quant celui-ci sera géré par le Front National, ces espaces sensible seront sans doute vendu à des promoteurs de la mafia russe pour installer la nouvelle oligarchie francilienne. Malgré mes jumelles et quelques stations, je n’ai pas réussi à voir le Blongios nain, le plus petit des hérons, dont subsistent ici, parait-il, quelques uns des très rares spécimen d’Île-de-France. C’est bien comme ça, je préfère le laisser tranquille le Blongios,… En entrant dans Mennecy et longeant la ribambelle de boîtes à chaussures faisant office de logements plantés le longs du RER, J’ai vraiment le sentiment de rentrer dans l’agglomération de Corbeil-Evry. Je ne pense pas que l’Insee et ses critères obtus de définition de l’agglomération me contredirait, en tous cas la « Michelin 106″ le confirme on entre dans de la ville aggloméré après un trou de cet hérétique substance péri-urbaine. Un groupe fait de la gym allongés dans l’herbe en surplomb de la route, juste à l’entrée du parc de Villeroy. Une femme du groupe qui aperçoit mon regard curieux me remercie d’aller préparer le diner, ils arrivent très vite,…

Je suis à la gare un peu avant vingt heures. Un train pour Alfortville est annoncé à vingt heures vingt-sept. Il ne fait pas encore nuit, mais le jours décline. Pendant le retour, je réalise que j’attaque vraiment l’exploration des alentours de Corbeil-Evry, avec des secteurs ingrats et des pépites, un fragment du très grand Paris ou la ville se distend, où il faut marcher, revenir plus souvent et croiser les traces pour pouvoir appréhender le phénomène et essayer de le comprendre, relier le quartier des Pyramides à Mennecy par exemple, ou relier Lisses au Coudray. Il y a une situation de stress, une tension nécessaire au bon avancement de l’exploration, et puis un seuil ou les choses se dévoilent, toujours dans une marge, comme aujourd’hui entre l’impasse de la Fontaine Laveau et le chemin des prés, à Vert-le-Petit.

130916 Marseille – Abidjan

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Vitry-sur-Seine, Villeneuve Triage, Valenton, Brévannes, Boissy-saint-Léger

Hésitant entre les Sms et le silence, c’est finalement le cinquième billet de l’année.. Un moment déjà que je veux écrire sur l’état d’avancement de mon chantier Marseillo-provencale, mon assiduité à aller explorer cette fameuse Zip, Zone Industrialo Portuaire mondiale, que les marseillais délaissent pour mieux se regarder le nombril, regarder leur ville sauvage lentement se décomposer sous l’effet du chômage de masse et de la culture de la galère revendiquée.

Parallèlement à mes expéditions dans le sud, je n’ai pas retrouvé le rythme nécessaire ici. Je campe toujours sur cette impression d’avoir fait le tour du Très grand Paris et je préfère rester sur ma terrasse à tiser. Même si il est vrai que c’est un bon point de vue sur cette partie de la conurbation. Après trois jours passés comme ça, entre la contemplation, un peu de lectures, de recherches internet et pas mal de mauvais films d’actions en streaming pas assez violents pour me réveiller de leur stupidité, je me dis qu’il faudrait quant même que je parte quelque part. D’autant plus que la météo incertaine et les ciels incroyables qui vont avec se prêtent parfaitement à l’exercice.

Lors de mes derniers allez retour dans le Rer atomique pour la Zip (la Zone industrialo Portuaire de Marseille-Fos), j’ai repensé à ce que me disait Nicolas, imaginer un nouveau GR qui suivrait le TGV entre Marseille Lyon et Paris (pour commencer).. Cela me travail pas mal et semble même une bonne idée ? Savoir si cela peut-être rémunérateur est une autre question..

Donc aujourd’hui, il me viens le désir d’aller enfin en reconnaissance à cet endroit où le grand petit Panam Hollando-sarkozyste disparait et le Très grand Paris apparait enfin depuis la fenêtre du train, (48°45′, 2°28′). Je repère facilement l’entrée du tunnel (cf. « l’effet tunnel ») sur l’IGN 2414. Je connais déjà un peu les environs, cette zone floue entre Créteil et Valenton.. Plusieurs promenades pas trop lointaines. il n’y a qu’a regarder dans les archives photos, ou dans les tracés kml, et bien regarder la carte. L’idée se précise…

130501 Tu est comme le fleuve

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Choisy-le-Roi, chemin de hallage – Vigneux, Saussaie des Gobelins

Ce Mercredi soir, grâce à la bonne influence de S. mais qui est au travail en nocturne, j’essaie d’équilibrer les choses et donc je pars me promener, parce que mon cerveau est saturé par trois heures de travail idiot. Ce genre de travail qui m’empêche d’écrire ici, d’envoyer des newsletters comme au bon vieux temps, etc. Les projets « culturels » et leur administration… Je monte dans un 182 pour Villeneuve Triage, mais je descends au niveau du quai des Gondoles à Choisy, puis je marche sur la rive en direction de Triage. Je m’arrête sur un banc juste après l’avenue Danville pour contempler la majesté ébouriffante du fleuve.

J’ai souvent eu l’impression récemment d’avoir épuiser le Très grand Paris, ne plus rien avoir à y découvrir, ce qui me retenais d’ailleurs chez mois dans de mauvaises dispositions. Il n’y a pas si longtemps je cherchais justement à aller ailleurs parce que je croyais être trop souvent à suivre le bord du fleuve. Comme si je me culpabilisais d’aller promener dans des endroits trop pittoresques, etc. Mais en fait je me rends compte que le fleuve c’est le fleuve, il est partout, omniprésent, fondamental. J’ai besoin de lui, il est comme le chant d’une sirène, quelque chose qui enveloppe, qui fascine qu’on a envie de suivre jusqu’au fond de l’eau malgré le danger. Là, finalement, les motivations de promenades en bords de Seine m’apparaissent relativement inépuisables.

Vendredi soir, même topo, je poursuis la promenade de ce mercredi alors que S. travail en nocturne et que je souhaite lui envoyer une ou deux cartes postales de banlieue par téléphone. Il y a une légère discontinuité entre mercredi et vendredi, puisque je descends du RER D en gare de Vigneux, mais c’est la même promenade qui continue…

Je connais cet endroit depuis belle lurette, mais il y a encore plein de chose à y découvrir. Surtout j’ai aujourd’hui dans l’idée de voir si il existe un passage entre la Saussaie des Gobelins et l’île Brune. J’apprends d’un local qu’il y a eu une passerelle il y a longtemps. Il ne sait pas si on peux passer sous les voies ferré pour contourner la darse qui sépare les deux espaces. Au débouché j’aperçois de l’autre coté une cabane qui me renvois à mes questionnements sur le Rroms, Stalker, etc. Suite à mes quelques brèves rencontre avec Francesco, il y a un paquet d’année, nous ne nous sommes pas vraiment compris. Notamment cette question par mél qui me laissa sans vois suite à ma newsletter concernant l’implosion aux 4000 : « et alors ? » Je crois comprendre aujourd’hui que c’est parce que je n’ai jamais bien su expliquer ce que je pourrais faire à poser mon sac au milieu d’un camps de Rroms ou d’une cité de banlieue. Et pourtant cela s’est produit, c’était bien le contexte du projet à Nanterre par exemple. Face à cette cabane j’envisage de revenir bientôt dans les environs, sans forcément aller jusqu’à cette espace trop privatif de l’île Brune. Par environ, je pense aussi au « Pérou » dont ma parlé Laurent à Marseille. « Pérou » qui si j’ai bien compris à été évacué récemment sur ordre de notre bon ministre de l’intérieur. Pourquoi je n’irais pas trainer là bas !?

Le lien entre tout ça, c’est peut être le fleuve, toi et le chant de la sirène, l’immersion, le rapport aux autres, au monde, tout un tas de choses fondatrices et que j’ai en commun ou pas avec toi, mais qui existent dans l’interstice entre nous et les autres, entre toi et moi, dans notre rencontre, nos palabres qui pourraient nous engloutir joyeusement.

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i130503a BDP Vigneux chemin de l’écluse et Saussaie

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i130503a BDP Vigneux chemin de l’écluse et Saussaie

130308a Tous les pendre !?

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i130308a Tgv MSC GDL article libé grand Paris

Lecture de la double page de Libé consacré au « nouveau grand Paris » dans le Rer atomique.

J’ai pris cette image un peu mise en scène dans l’intention de la publier ici. Et puis comme je ne publie pas souvent, (pas assez) et que je suis pris par plein de conneries presque deux mois ce sont écoulés. Il y a aussi que j’hésitais à rentrer dans ce genre de polémique politicienne sur le (petit) grand (nouveau ?) Paris Sarkozyste. Ce sera finalement un billet politique de banlieuedeparis (et je ne sais pas si c’est comme ça que je vais trouver du boulot.. enfin il devraient me filer un poste ou un peu plus d’argent au lieu de sortir des inepties pareils).

Car enfin, je n’ai absolument rien contre la bonne ville de Paris, je veux parler de la municipalité, bien au contraire, mais il faut dire que si le président du nouveau machin (nouveau grand Paris, ou autre) est le ou la maire de Paris, ce sera juste indécent.

Voilà, et d’ailleurs je le dis autour de moi, tout particulièrement quant j’organise une visite financé par la ville de Paris. Le (petit) grand (nouveau ?) Paris présidé par le ou la maire de Paris, c’est exactement ce genre de choses, qui décrédibilise notre caste de politiciens lobotomisés par leurs fréquentations du club « le siècle » ou des bureaux de Vinci. J’avais pourtant à priori rien non plus contre J.M. Ayrault, mais comme pas mal de monde, sans être un zadiste actif ni salarié à Florange, j’ai de plus en plus de griefs contre lui.

Le ou la maire de Paris, président(e) du nouveau grand Paris !? alors que ça fait des siècles que la capitale chie sur la gueule de la banlieue… (plus maintenant ?) Il s’agit en effet d’un registre symbolique et il semble que ce registre symbolique échappe totalement à nos élus. Est-ce que cela voudrait donc dire en fait que ces élus professionnels ne font plus de politique mais juste des affaires, de la bonne gestion, même « radicale », etc.

Enfin, c’est pas brillant cette histoire. C’est peut-être déjà de l’histoire ancienne, j’ai pas suivi le feuilleton, depuis, mais ça donne pas envie de le suivre. Et puis c’est pas l’objet de ce blog, ni de mon boulot. D’ailleurs je ne sais toujours pas quel est l’objet de ce blog, mais de tant en tant il y a des positions qu’ils faut prendre et affirmer.

130206 des nouveaux terrains de jeux ?

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i130131a Cluj Cug avec S

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i130131a Cluj Cug avec S

Cluj – Cug, Bulgaria

Cluj comme une bouffée d’oxygène ou bien un nouveau terrain de jeu en perspective ? En descendant de l’avion, sur le tarmac de Beauvais-Tillé, je veux y retourner illico pour continuer l’exploration. C’est une petite ville d’à peine 400 000 habitants, mais une ville multiculturelle et sympathique du far Est européen. Et cela à moins de 2000 kilomètres de Paname, à mi distance de Erevan. Cluj-Napoca s’appelle aussi Claudiopolis en latin, Kolozsvár en hongrois, Klausenburg en allemand, קלויזנבורג en yiddish, Kaloşvar en turc. Le ticket d’avion ne reviens pas plus cher qu’un billet de train pour Aix-Tgv et je commence tout juste à connaître vraiment l’étendu de l’agglomération ainsi que les proches environs. D’ailleurs lors de ce voyage j’ai franchi un seuil, une étape : se forger des projets de rencontres ou de visites, dépassant ainsi le registre du simple arpentage.

Il y a alors un rapport d’intimité avec le terrain, celui de la ville ou autre chose (intimité avec des périphéries comme celles de Bulgaria, lorsque soudain on se retrouve avec les mêmes roumains que ceux qui habitent dans des squats à Paris, je ne veux pas parler des Rroms, mais d’une certaine Roumanie vraiment pauvre, si peu visible devant les boutiques de luxes du centre ville de Cluj, si peu visible même à Manastur.. Une certaine Roumanie qui n’est pas non plus la Roumanie rurale).

Sur 5 jours, je n’ai pas trouvé le temps de travailler (?), mais on a parcouru la ville en tout sens grâce au bus, trolleys et tramways (qui fonctionnent tip top !!), de Zorilor à Cug. Alors évidemment j’aurais pu écrire un billet sur les boutiques de luxe, peut-être aussi sur Terrassa Toskana, un lieu que je trouve vraiment sublime et unique.. Mais Cug c’est tout de même quelque chose de fondamental. Cug c’est presque aussi important que d’être hors zone Euro… Grâce au refus de l’Euro – Deutsche mark, la Roumanie à conservée contrairement à la Grèce et la France quelques usines en plus des blocs communistes qui façonnent la ville. C’est peut-être du à la maffia post « révolution », mais la maffia ne gouverne t-elle pas l’Europe aussi ? Hollande, Baroso et Merkel ne sont-ils pas des petites mains à la solde des grands caïds de l’argent sans odeur, ces grands caïds du crime parfait, ceux peu nombreux qui à défaut de payer des impots, paye les lobyistes à Bruxelles et dont les crimes ne peuvent pas laisser de traces sur les radars, je veux parler des vrais crimes, lorsqu’ils éliminent physiquement des personnes qui s’opposent aux intérêt de leur multinationales, découvrent leur vrais visages, des éléments vraiment génants, ou lorsque ces demi dieux de l’oseille testent de nouveaux médicaments au fin fond de l’Afrique sans compter les morts. Alors faut-il soutenir les maffias de l’Est européen ?

Cela dit, j’aimerai bien savoir à qui appartient réellement Cug aujourd’hui !? Parce que c’est la première fois que je traverse l’ancien combinat en tombant sur un vigile moitié clochard avec chiens qui nous empêche de faire la visite complète ! J’ai eu beau lui dire que nous travaillions pour la mairie (ce qui est évident), il nous à pas lâché : « propriété privé, propriété privé.. capitalisme, capitalisme », j’ai eu beau lui dire que le capitalisme et le communisme étaient équivalent, rien à faire ! Après j’ai failli lui sortir un petit billet de 10 ou 50 lei mais il avait l’air trop con et borné pour que je lâche quoi que ce soit. Enfin je crois qu’il a justifié ainsi de sa journée et à pu retourner boire dans un coins de cet alcool blanc bidouillé que l’on trouve ici pour quelques euros le litre.

Le lendemain soir B. m’a dit qu’après 89 le combinat avait été partagé entre plusieurs personnes, individus, genre oligarques.. bref, il y a un sujet pour une bonne enquête. On a d’ailleurs ensuite testé l’alcool blanc en question avec S… Je ne veux pas parler de la Palinka que B. nous a servi généreusement et évidemment excellente, mais de ce qu’on à bu après, une fois rentrés à la maison, un produit d’épicerie pas mal du tout en fait.

Pour en revenir à l’analyse politique, coté oligarques invisibles (plus discrets qu’à Moscou, Europe oblige), ceci explique sans doute cela. C’est-à-dire les événements récents en Roumanie, par exemple ceux qui inquiètes pas mal Bruxelles et moi aussi (quant même) : de jeunes présidents de paille au ordre du système issue d’une « révolution » de paille qui évolue de plus en plus façon Orban ou Poutine…

Pour résumer, Cug est donc le bon endroit pour organiser la future capitale de la culture ‘Cluj 2023′…

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi des frimeurs comme Ami Barak (qui ressemble à notre Tartuffe de Chirac avec son petit drapeau France sur la tête) organisent des diaporamas sans intérêts dans des lieux coincés comme le ‘Spatiu intact’ de la ‘Fabrica de Pensule’ (voir i130128a sur flickr) sans visiter Cug et l’investir..

Enfin le programme vidéo dont il est question n’était vraiment pas inintéressant en soi, mais il procédait cependant de l’impérialisme pur et simple : aucune interaction, aucune prise de risque, aucun rapport avec le contexte. C’est ça aussi les problèmes de l’Europe… Le snobisme occidental dans tout les sens du terme, les branchés de Cluj qui veulent faire aussi glacial qu’à Paris ou Berlin, et les apparatchiks de la culture française bien comme il faut qui profitent du machin, … qui importent de la belle culture globale aseptisée beurk! (même si j’adore les films de W. Wegman avec son chien !!)

Enfin dans l’art contemporain à Cluj, il y a aussi d’autres choses, d’autres gens, (idem voir i130128a sur flickr) on as eu un peu de temps pour le découvrir et cela fait bien plaisir de voir que le monde n’a toujours pas été complètement lobotomisé par la connerie. Mais de là à ce que les gens cultivés de Cluj reconnaissent (avec toute la distance nécessaire) l’existence d’un patrimoine industriel de l’époque Ceaucescu, il y a encore du boulot, sans parler de l’architecture des blocs de Manastur, Zorilor ou Marest.

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i130131a Cluj Cug avec S

130104 Maffia blues 2013 !

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Montparnasse, Porte de Vanves, Malakoff, Clamart, Issy, Bas Meudon

Cette première balade comme préliminaire de l’année du Serpent (enfin pas avant le 10 février… en attendant on est toujours dans l’année du Dragon). En tout cas cette première promenade comme une chanson. Un petit plaisir pris ce jours là. Deuxième raison : préparer la promenade du 19 janvier Porte de Vanves nécessite évidemment de resituer l’affaire dans son contexte.

Je m’aperçois avec un peu d’effroi tout de même que cet itinéraire convoque un foultitude de choses un peu épaisses dans ma cervelle. Le fait d’avoir inviter S. justement à ce repérage me questionne, je suis vraiment amoureux c’est certain. Ce n’est pas une sinécure !

On commence devant la gare Montparnasse, puis en bout de quais sur la gauche on prend l’escalier qui mène au jardin Atlantique, afin de bifurquer et traverser la résidence Mouchotte, on aperçois les caoutchoucs de Raymond derrière les vitres du premier étage sur dalle de cet ensemble Dubuisson. S. est terrifiée par l’architecture un tout petit peu S.F. On poursuit jusqu’à Malak via Porte de Vanves où évidemment je resitue Popov le Rouge sans qui banlieuedeparis n’existerait pas. Sur une idéee de S. on explore le marché couvert où je trouve ce livre que j’ai dévoré depuis. C’est une mine d’or sur le Hard Boiled, mouvement littéraire des années 30 qui à inventé le Polar. Michel Martens explique aussi comment et pourquoi son histoire à été enfouie, ses auteurs volontairement oubliés par les majors américaines de l’édition, tout cela étant par trop subversif et pas assez commercial et surtout finalement trop politique. Pourtant, on n’en a pas fini avec ce genre étant donné l’accélération dans la déliquescence de nos sociétés maffioso-étatico-libérales. Cependant le polar français reste assez sage et chiant façon Agatha Christie. Izzo, comme exemple moyen était un passionné de cuisine provencale, ce qui ne vaut pas un peu plus de violence. Faudrait écrire des polars façon Hard Boiled donc notamment bien documentés sur le sud de la France contemporain ou encore la Seine Saint-Denis, les Hauts de Seine ou le Val de Marne. Dantec à commencé il y a une vingtaine d’année par quelques bons premiers polars entre Vitry, Choisy et Créteil, mais après il est tombé dans la métaphysique et le dogme, Baudrillard lui a lavé la cervelle… il s’est mis à surfer sur la vague radicale façon Thierry Meyssan versus théorie du complot et s’est exilé préventivement au Canada. Surtout il s’est mis à faire de la ligne comme on dit, et c’est bien dommage.

Je me paye l’ouvrage de Martens pour 4 euros, le bouquiniste du marché qui ne vend que des occases est un vrai libraire. Le reste du centre de Malak est devenu un boboland pour apparatchiks bourgeois-communistes avec quelques pauvres sur les bords pour tenir le décor (Malgré le démenti d’Armelle).

Après on ressors du marché pour se retrouver assez vite sur la très fameuse Départementale 50, cette route tellement importante pour les débuts de banlieuedeparis. À quelques centaines de mètres de là (en direction de Vanves où créchait Popov vers la fin du siècle dernier au onzième étage au dessus du TGV), on rentre à la Madelon en face de l’annexe de l’Insee. J’explique à S. que nous fantasmions à l’époque d’organiser un plastiquage d’envergure de l’établissement public (de nuit pour essayer de ne tuer personne). Façon à conjurer la bêtise d’un collègue des manifs lycéennes de 86, Jeune Communiste dont le rêve ultime était alors de faire carrière à l’Institut National des Statistiques et Études Économiques.

Émotion de rentrer une nouvelle fois à la Madelon, ce haut lieu de la banlieue de Paris, cantine ouvrière fréquenté notamment par Pierrot le Fou (le prénom à été changé), tireur d’élite de la CGT (je brode ou bien je mélange différents membre du syndicat de façon à brouiller les pistes)… C’est une vraie madeleine de Proust !

Reconnections d’un certain nombre de promenades vraiment lointaines : celles des débuts, lorsque je venais me perdre par ici, désorienté, déboussolé, paumé pour de vrai ! Du coup, on discute psychologie évidemment, l’inconscient, les associations d’idées et la nécessité de la promenade dans ce cadre, la subduction des souvenirs, les différents types de mémorisations, ce type de mémoire qui nécessite la promenade pour refaire surface. Tout cela comme une évidence connue depuis longtemps mais qui s’affirme, se vérifie et se partage. Le plaisir d’une conversation et d’un petit verre de Sancerre.

Ensuite on mets le cap sur le fort d’Issy (Santini n’à vraiment pas de quoi être fier), l’hôpital Percy, le bas Meudon. On continue à suivre la ligne de train jusqu’à la maison de Rodin ou je n’étais jamais rentré. Le type devait être assez infernal et pas mal lubrique. Il y a des jolis petits culs féminins exposés, je suis particulièrement attiré par une vitrine ou le maître constitue à la façon d’un taxidermiste une collection de petits modèles qui figurent nos différentes émotions ! On profite un peu du jardin avant de poursuivre.

Le Bas Meudon, c’est tout de même un peu plus loin, 1 kilomètre (ouest/ nord-ouest) à vol d’oiseau. On descends le coteau par un petit chemin qui serpente entre les propriétés au bout de la rue Estienne d’Orves et passe sous le viaduc du RER C, ensuite on enfile l’avenue de Verdun vaste ensemble homogène de promotion immobilière débile (Chine populaire façon vaches folles française et politiciens défoncés à la coke). Au bout, une fois passé sous les voies du T2 puis rendu sur les quais, les choses s’arrangent (pour le moment).

J’achète une 8/ 6 chez l’épicier et on s’assoit sur ce muret en béton devant cette tour qui va bientôt disparaître. Là, juste en face de l’ancienne entrée principale de la Régie Renault (alias le Krak des ouvrier). Une image plus ancienne de la tours doit figurer quelque part dans mes disques. S. me pique la moitié de ma boisson, ce qui nous oblige à revenir plusieurs fois à la source. L’épicier qui n’est pas du bled rigole bien. Le Bas Meudon dans son ensemble n’en a plus pour longtemps. Dans la tours, quelques appartements avec de la lumière semblent donc encore habités, ainsi que le restaurant dont le volume avance vers la Seine au niveau du premier étage. Mais le permis de démolir est déjà affiché.

121205 humeur amoureuse

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i121202a BDM Le Pannier Major J4

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i121202a BDM Le Pannier Major J4

Marseille – Le Panier, Major, J4

Cela ne sert à rien d’aller contre son humeur, c’est ma ligne. Un peu de dépit et beaucoup de plaisir cela vaut toujours mieux que rien du tout (!?) Donc, je pars me promener, juste pour essayer de ruser avec l’humeur, essayer d’en faire quelque chose. Depuis Belsunce – Bab El Oued, je mets le cap au plus court vers la mer, descendre la rue des Petites Maries. Rue des Dominicaines je commence à prendre des images sms à cause d’un stock de savons sur palette. Rejoindre la rue de la République, puis monter les escaliers qui donnent accès au panier. Traverser de part en part jusqu’à la Major. Rue des Belles Écuelles, rue du Panier. Se faufiler entre les barrières pour descendre par l’escalier sur la rue de l’Évêché.

En effet, la placette devant les boutiques de l’émission « plus conne la vie » est défoncée, en travaux. D’ailleurs à partir de là les travaux n’en finissent plus. Mise en scène de la transformation ? On imagine bien qu’après 2013, tous restera éventré, bâché, grillagé… Ou bien tout sera devenu propre et aseptisé, ou bien encore un subtil mélange des deux : de vastes zones propres et dévitalisées, animées par quelques croisiéristes franchement mafieux ou par quelques émissions télé vraiment débilitantes et le reste toujours encore plus cassé, les gens avec… Bientôt des escadrons de la mort ?

La terrasse de la Major est inaccessible depuis un paquet d’années, alors que c’est le plus beau balcon de la ville. je longe les grilles de la zone d’embarquement sous douane. La rouille illustre bien l’osmose entre la déglingue du Maghreb et celle de Marseille mais le port et les douanes c’est l’État… Trois pickups de marques asiatiques bien rangés de l’autre coté des barrières me font penser à la Libye ou à l’Afghanistan.

Je me faufile entre quelques grilles jusque sur la nouvelle esplanade du J4, aux pieds du Cerem (vitrine de la région Paca) et du Mucem (Musée des civilisations euro-méditerranéennes), boites à chaussures décorées du commerce culturel métropolitain digne des plus belles entrées de ville (Plan de Campagne ou Belle Épine). J’aperçois un ou deux vigiles près de leur bungalows, mais ils ne bougent pas. Je finis par discuter avec un pécheur en train de ranger son matériel dans le coffre de sa voiture : c’est entrouvert au public, mais ce n’a plus rien à voir avec il y a dix ans quant le J4 était « le » lieu de promenade des familles maghrébines. Quelques curieux et quelques pécheurs subsistent. Après l’ouverture, on peut s’attendre sans doute à des effets de volumes réussis entre de beaux et couteux canards haute couture signés Boeri et Ricciotti et sans doute à une fréquentation qui n’aura plus rien à voir avec la vie Marseillaise passée. Rien à voir non plus avec Barcelone ou d’autres villes de la rive ouest de la méditerranée qui ont réaménagé leur water front. Quelque chose de bien à coté de l’enjeu métropolitain ?

Enfin, je ne suis pas venu là pour ça, plutôt venu ici pour voir la mer, comme les marseillais d’il y a dix ans. Je continu sur la digue en construction qui protège le Mucem du ressac. Je fais le tour de la pompe qui maintient vide cette futur darse pas encore en eau. C’est curieux de ne pas avoir en premier conçu un métro ou un tramway pour desservir ce haut lieu de la ville. Celui où tant et tant on embarqués/ débarqués pour ou vers l’Algérie de l’autre coté, curieux aussi de ne pas avoir accompagné le chantier par le maintient de la vie qui se trouvait là.

En fait je suis venu ici pour être face au désir de départs, pour sortir de cette humeur. D’où ces deux images : les pickups et la mer au pied du fort Saint-Jean. Ce billet un peu plus que d’autres est avant tout basé sur ces deux images misent côte à côte. Je marche ensuite dans les rochers pour essayer de rejoindre le chemin qui longe le fort, mais la mer est trop mouvementée, c’est la douche assurée, je reviens sur mes pas, puis je prends la direction de Belsunce par l’avenue Léon Vaudoyer.

121119 De l’écriture ?

Cela fait longtemps que je veux réintroduire les citations dans les billets de banlieuedeparis…

Parce que c’est une pratique ancienne, mais aussi une chose à améliorer ! Enfin allez lire les archives. Cela dit sans perdre l’humeur nécessaire et fondamentale, sans tomber dans le n’importe quoi, il y a des citations qui s’imposent ici et font finalement partie de cela…

Peut-être finalement parce qu’il y a le blog « banlieuedeparis » et puis, à coté, le Facebook par exemple, qui est en train de devenir un blog ???

http://www.facebook.com/denis.moreau.banlieueofparis/

Toujours l’humeur… Enfin un autre registre plus politique, hacktif, réactif, etc. pas le même registre, mais de l’écriture en ligne à défaut d’être une chronique dans Open City !?

Est-ce que notre pays de vieux cons Umps pourrait avoir un journal tel que Open City ?

Au début, lorsque je luis remettais mon papier, il le parcourait et disait : « OK, c’est bon ! » Avec le temps, il n’y a même plus prêté attention, il le posait sur le haut de sa pile et me disait : « Parfait… Et à part ça, quoi de neuf ? » Aujourd’hui, il ne desserre plus les dents, je lui tends mon truc, et salut, à la revoyure. Rien de tel pour se sentir pousser des ailes. Mettez-vous à ma place : liberté absolue d’écrire ce qui me chante. J’y ai trouvé mon bonheur, et parfois aussi un peu de gravité ; mais surtout, au fur et à mesure que les semaines passaient, il m’a semblé que j’écrivais de mieux en mieux. (…) avec un JOURNAL, il suffit de s’asseoir avec une bière et d’attaquer le clavier un vendredi, ou un samedi, ou encore un dimanche, et le mercredi on est en kiosque. Je reçois des lettres d’inconnus qui n’ont j’amais lu de poésie, que ce soit la mienne ou celle de n’importe qui. Des inconnus qui viennent frapper à ma porte – trop souvent, d’ailleurs -, et qui me confient qu’ils prennent leur pied avec mon bloc-notes.

Charles Bukowski, 1969 in « Journal d’un vieux dégueulasse », Le livre de poche, éd. Grasset, Paris, 1996.